Janvier 2003
Je pars en Amérique du sud demain. Pour 6 mois au moins, seul, sac au dos. J'ai préparé ce voyage, avec plein de petites choses à régler, à penser, à remettre sur le métier, qui m'ont pris un
temps qui glissait entre les doigts (le temps, quoi).
J'ai vécu ces dernières semaines chez mes parents. Pas du tout mal, pas vraiment bien. Franchement mieux que si j'étais encore au boulot
comme l'an passé, mais encore le cul entre plein de chaises qui ne sont pas les miennes. J'attendais que vienne le temps du départ, le temps de l'envol et, pour que départ il y ait, je faisais ce qu'il fallait faire en attendant. En
transit...
En transit vers où, vers quoi ?... Justement je ne sais pas.
Justement j'y vais voir.
Là bas si j'y suis ?
J'arrive Mardi à Buenos-Aires. Me poser. Avec moi, un sac pour tout équipage. Le poser aussi. Pas encombrant,
c'est pas trop encombrant un seul sac. Et rien d'autre. Rien à faire, et tout possible. Souffler. Sentir, sortir le bout de son nez au
vent frais du monde. Laisser enfin derrière soi un peu tout le reste, souffler, souffler, s'asseoir sur un lit à ressort au couvre-lit en velours synthétique bordeaux, loin du brouhaha de ma vie automatique, et pouvoir enfin me poser cette question
: qui suis-je ?...